Cosmétique Bio, naturelle, organique et végan : les différences ?

Sur le marché des cosmétiques, les produits bio représentent, à eux seuls, quasiment 13%. Mais qu’est-ce qu’un cosmétique dit « Bio » ? Qu’est-ce qu’un cosmétique dit « naturel » ? Une petite explication s’impose. 

Qu’est-ce qu’un produit naturel ?

Les substances d’origine naturelle végétale, animale et/ou minérale, c’est ce qui compose un produit cosmétique naturel, sans qu’il n’y ait aucune garantie sur leur pourcentage. Il ne suit aucune charte, ni obligation. Il peut, donc, contenir des matières premières discutables, ainsi que des produits de synthèse et même des parfums synthétiques.

Dans le domaine de la chimie organique, la définition des produits naturels se limite habituellement aux composés organiques purifiés et isolés de sources naturelles produites par les voies du métabolisme primaire ou secondaire.

Quelle est la composition d’un cosmétique naturel ?

Un produit naturel c’est donc un composé chimique ou bien une substance produite par un organisme vivant, c’est-à-dire que l’on trouve dans la nature. De manière plus générale, un produit naturel c’est toutes les substances produites par un phénomène naturel. Ils peuvent aussi se préparer par synthèse chimique (semi-synthèse et synthèse totale). Le terme « produit naturel » désigne dans le domaine commercial les cosmétiques, les compléments alimentaires ainsi que les aliments produits à partir de sources naturelles sans ajout d’ingrédients artificiels.

Comment trouve-t-on ces composés naturels ?

L’amélioration des techniques, avec des programmes comme le criblage à haut débit ou les techniques de séparation et isolement, a permis de découvrir plus d’un million de produits naturels au début du XXe siècle. Les plantes produisent 50 à 60% d’entre eux, tandis que 5% sont d’origine microbienne. 20 à 25% des produits sont des composés bioactifs (molécules issues d’organismes vivants). Alors que 10% sont issus de micro-organismes tel que les champignons.

Qu’est-ce qu’un cosmétique bio ?

Le cosmétique bio c’est un produit qui se compose majoritairement d’ingrédients issus de l’agriculture biologique. Et ingrédient biologique rythme forcément avec ingrédient naturel ! L’inverse néanmoins n’est pas vrai. En effet, un ingrédient naturel n’est pas toujours produit selon une méthode de culture biologique.

De quoi se compose un cosmétique bio ?

Un produit biologique revendique le fait de n’utiliser aucun produit chimique. Ainsi, sur le territoire français il doit contenir au moins 95% d’ingrédients issus de la production biologique. C’est-à-dire, une production qui met en oeuvre des techniques d’élevage et agronomiques qui respectent l’équilibre naturel de l’environnement ainsi que le bien-être animal. Il ne peut donc contenir aucun organisme génétiquement modifié (OGM).

Des organismes indépendants contrôlent l’appellation. Sa garantie se traduit par l’apposition du logo AB sur l’emballage des produits (règlement CEE n°2092/91 du 24 juin 1991 modifié et la norme NF EN 45011). À ne pas confondre avec les produits issus de l’agriculture raisonnée. Cette dernière, revendiquant le respect d’un cahier des charges, énonçant les conditions maximum d’utilisation d’engrais et de pesticides, pour le respect des sols et des produits.

La certification, comment ?

Quand l’étiquetage d’un cosmétique le certifie bio, il doit consentir à une charte rigoureuse homologuée par un organisme certificateur. Un produit certifié bio doit donc répondre à des critères spécifiques très exigeants comme :

  • Être composé à 95 % minimum de matières premières issues de la nature.
  • Parmi ces matières premières, celles d’origine végétale doivent provenir à 95 % de l’agriculture biologique et représenter 20 % du total des ingrédients.
  • Sa formule ne doit comporter aucune substance indésirable, telles que : les parabens, PEG (ployéthylène glycol), PPG (polypropylène glycol), phénoxyéthanol, silicones, phtalates, parfums synthétiques, colorants, pesticides, herbicides, antibiotiques, hormones de croissance, OGM…. Si le produit contient de l’eau, il peut intégrer des produits de synthèse.

À tort on pense que le produit bio ne contient pas de produits de synthèse, mais c’est faux. Cependant ces produits doivent appartenir à une liste restrictive autorisée par l’organisme de certification. Cosmébio-EcocertNatrue pour l’Allemagne, Nature & Progrès (très exigeant), et, depuis 2017, Cosmos Organic, pour l’Union européenne sont les labels officiels .

Exemple de certification

Prenons l’exemple de COSMOS®. Son référentiel a été crée dans le but d’harmoniser les règles de certification de certains organismes certificateurs européens. Mais aussi, faciliter la vie des consommateurs en ne leur présentant plus qu’un seul label. Pour qu’un produit soit certifié bio d’aprés le référentiel et porte le label COSMOS ORGANIC®, l’organisation exige un certain nombre d’éléments, tel que :

  • Au moins 95% des ingrédients du produit soient naturels.
  • Minimum 95 % des végétaux utilisés doivent provenir de l’agriculture biologique.
  • 20% minimum de l’ensemble de la formule soit bio.

L’avantage premier de l’homologation par un organisme certificateur bio, est que celui-ci contrôle la chaîne du produit de sa création à sa commercialisation.

Néanmoins, certaines marques souhaitent, par soucis d’éthique, ne pas être estampillées d’un quelconque label. Mais aussi par refus de se voir mis dans une case ou pour des raisons financières. En effet, le coût de l’adhésion à un label bio est relativement élevé. Et bien souvent les petites marques ne disposent pas toujours du budget suffisant.

Pourquoi la consommation des produits bio at-elle évoluée ?

Dans les pays développés et en France notamment, la consommation des produits bio est en constante évolution. Si la consommation de produits bio avait des raisons idéologiques ou politiques, dans les années 1960, aujourd’hui c’est surtout parce qu’ils symbolisent la santé et le naturel.

Les personnes cherchent de plus en plus de la qualité notamment à la suite des différentes crises sanitaires que nous avons connues (Pollution, Encéphalopathie spongiforme bovine, contaminations aux pesticides, OGM…). Ainsi la perte de confiance dans l’alimentation industrielle, les scandales alimentaires tels que : la vache folle, la dioxine de maïs transgénique, ont poussé les consommateurs vers une recherche d’authenticité et de tradition. Consommer bio, c’est alors lutter contre les méfaits de l’industrialisation de l’agriculture (manque de goût et de plaisir), et revenir aux produits dits du « terroir » et naturels.

Organique et biologique, quelles différences ?

Bien qu’en anglais le terme « organic » signifie biologique en français « organique » ne veut pas dire biologique. En effet, les composés organiques sont des substances chimiques dont au moins un des éléments est du carbone et ils peuvent être d’origine naturelle ou synthétique.

Difficile de faire la différence entre ces deux termes, qui incite à l’erreur. D’autant que les emballages et les slogans peuvent nous conforter dans l’erreur. Ainsi, un produit organique n’est pas obligatoirement biologique et ne signifie pas toujours produits sains, contrairement à ce que nous pouvons penser.

Afin d’éviter de tomber dans le piège, il est important de savoir lire correctement les étiquettes et de bien différencier « organique » (en français), de « organic » (en anglais). Il est possible que vous tombiez sur des produits avec le terme « organic ». Ces produits proviennent soit de l’étranger soit de la France, mais à destination des marchés étrangers ou nationaux. Dans ce cas la mention « biologique » sera également mentionnée sur l’emballage, en français.

Un cosmétique végan c’est quoi ?

Un cosmétique végan est sans ingrédient d’origine animale et ses composants ne font pas l’objet de tests sur les animaux (déjà interdits sur tout produit conventionnel). Un produit bio n’est pas forcément végan, il peut contenir de la cire d’abeille ou du lait… Et un produit végan n’est pas forcément bio, il peut avoir des parabens ou des parfums.

En résumé

Pour faire simple, un ingrédient dit « naturel » est obligatoirement d’origine végétale, minérale ou animale (issu de la nature). Alors, qu’un ingrédient dit « biologique » est forcément issu de l’agriculture biologique. C’est-à-dire, que ce dernier est issu d’un mode de culture qui n’a pas subi de traitement chimique de synthèse. Tandis, qu’un produit « organique » n’est pas obligatoirement bio mais contient des produits non transformés par l’industrie. Enfin, le produit « végan » ne contient aucun ingrédient d’origine animale et non testé sur des animaux.

En clair, le petit truc qui a tendance à nous embrouiller c’est que certains cosmétiques naturels sont biologiques, mais ne disposent pas de la mention bio ! Mais, nous, on dit que du moment que la qualité est là, on valide !

A contrario, attention aux produits ni bio ni naturels pratiquant ce qu’on appelle le greenwashing* ! Là, on valide beaucoup moins !

Petits Conseils

Premier conseil

Toujours se méfier d’un produit qui se revendique sain. Lorsqu’un nom est un peu trop évocateur et qu’il contient beaucoup d’illustrations végétales, mais pas de label, souvent il n’est pas aussi vert qu’il y paraît. D’ailleurs, vous pourrez fréquemment remarquer qu’une fausse pastille bio y est apposée induisant le consommateur peu attentif en erreur. C’est à ce moment-là qu’un petit coup d’œil sur la liste des ingrédients (liste INCI) s’impose et surtout pas sur le packaging.

Deuxième petit conseil

Il n’est pas obligatoire de comprendre toute la composition, mais vous pouvez vous former à votre échelle en vous intéressant aux 6 premiers ingrédients du produit qui représentent souvent déjà, à eux seuls, au moins 70% de la formule. Cela vous permettra de détecter si le produit est plus ou moins digne de confiance ! 

Plus simple donc pour les petits chanceux qui savent lire une étiquette produit, me direz-vous…

Opter pour le bio, c’est désormais simple et de plus en plus accessible à tous. 

*Greewashing : ou encore appelée le « green shen » est une technique de marketing destiné à communiquer de façon trompeuse, de manière écologique auprès du public.